Trafic de haschich : un tunnel souterrain découvert entre le Maroc et l’Espagne

Les autorités espagnoles ont annoncé la découverte d’un tunnel clandestin utilisé pour acheminer du haschich depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta. Cachée sous un entrepôt, cette infrastructure souterraine particulièrement sophistiquée témoigne d’un niveau d’organisation élevé des réseaux de trafic opérant entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

FAITS DIVERS

Baptiste Hiret

4/1/2026

L'entrée du tunnel entre le Maroc et l'Espagne découvert à Ceuta.
L'entrée du tunnel entre le Maroc et l'Espagne découvert à Ceuta.

Une découverte majeure dans l’enclave de Ceuta

C’est à Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte nord-africaine, que la police a découvert ce passage souterrain. Selon les autorités, le tunnel était dissimulé sous un entrepôt industriel et s’étendait sur plusieurs niveaux, avec un puits d’accès, une zone intermédiaire de stockage et le conduit principal utilisé pour le transport de drogue.

La structure n’avait rien d’improvisé. Les premiers éléments communiqués indiquent qu’elle était équipée d’un système de rails ainsi que de dispositifs de manutention souterrains, destinés à déplacer les ballots de haschich de manière rapide et discrète. Cette sophistication illustre la capacité logistique des organisations criminelles.

Un réseau de trafic d’ampleur

La découverte du tunnel s’inscrit dans une opération menée par les autorités espagnoles contre un réseau de narcotrafic. Reuters rapporte que 27 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête et que les forces de l’ordre ont saisi 17 tonnes de haschich ainsi qu’environ 1,4 million d’euros en liquide.

Au-delà du tunnel lui-même, cette affaire montre que les trafiquants cherchent à diversifier leurs méthodes pour contourner les contrôles. Le transport maritime à bord de vedettes rapides reste fréquent sur cette zone, mais les organisations criminelles recourent aussi à des moyens plus élaborés pour sécuriser leurs flux et réduire les risques d’interception. Les autorités espagnoles constatent une montée de ces méthodes plus créatives et plus difficiles à détecter.

Pourquoi Ceuta est un point névralgique

Ceuta occupe une place stratégique dans les routes du trafic entre le Maroc et l’Europe. Cette enclave espagnole, tout comme Melilla, constitue l’une des rares frontières terrestres entre le continent africain et un territoire de l’Union européenne. Cette position en fait un point de passage sensible pour différents trafics, en particulier celui du cannabis résineux en provenance du Maroc.

L’Espagne joue, de ce fait, un rôle central dans la lutte contre ce commerce illicite. Reuters rappelle qu’en 2023, le pays représentait 68 % des saisies de résine de cannabis réalisées dans l’Union européenne. Ce chiffre montre à quel point la péninsule ibérique reste l’une des principales portes d’entrée de ce trafic vers le marché européen.

Une infrastructure qui confirme l’industrialisation des trafics

L’existence d’un tunnel de ce type confirme une tendance de fond : le narcotrafic ne repose plus seulement sur des convois improvisés ou des filières artisanales, mais sur des infrastructures pensées sur le long terme. Le fait qu’un passage souterrain ait été aménagé sous un bâtiment, avec du matériel destiné à faciliter le transport de lourdes cargaisons, traduit une forme d’industrialisation du trafic. Cette analyse découle des caractéristiques techniques décrites par les autorités et relayées par plusieurs médias.

Cette découverte met aussi en lumière la difficulté pour les services de sécurité de lutter contre des réseaux transnationaux capables d’investir dans des moyens logistiques complexes. En ouvrant un couloir clandestin entre le Maroc et Ceuta, les trafiquants cherchaient manifestement à sécuriser une voie discrète, stable et potentiellement très rentable pour leurs activités. Cette interprétation est une inférence fondée sur la nature de l’installation et sur l’ampleur des saisies annoncées.

L’enquête doit désormais déterminer depuis combien de temps ce tunnel était utilisé, quel volume de drogue y a réellement transité, et quelles ramifications relient ce réseau aux structures criminelles opérant des deux côtés de la frontière. Les autorités espagnoles n’ont pas, à ce stade, livré tous les détails sur son tracé exact ni sur l’ensemble de ses connexions.